Spoilers : 4ème PSA, 2ème Paris Adresse, Plan 4.000 places, ESI... les annonces !
C’est un lancement un chouilla plus silencieux que celui de la PS5 et pourtant, c’est très très important : la Ville a annoncé :
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La création d’une 4ème Permanence Sociale d’Accueil (PSA) ou PS4 pour les intimes,
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L’ouverture d'un 2ème site de domiciliation administrative municipale (2nd Paris Adresse).
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Le renforcement de l’offre proposée en accueils de jours et ESI (mais ici la Ville ne se positionne pas quant à savoir s’il s’agira de renforcer l’offre associative ou de soutenir les 2 ESI de la Ville).
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Et, main sur le cœur, plus aucun enfant à la rue… Grâce notamment à la création de 4.000 places de mise à l’abri.
Grâce à l’ouverture d’une 4ème PSA, le public sans domicile va enfin pouvoir aller attendre ailleurs !
Avec 7 mois d’attente pour un rendez-vous en PSA actuellement, l’accompagnement des personnes sans domicile semble - faute de moyens suffisants - passer par le détroit d’Ormuz...
Pour rappel, depuis 2024, 50 postes ont été créés pour les PSA : le CASVP est donc très surpris que ça n’ait pas suffit à répondre aux besoins. Pourtant les Organisations Syndicales dont le SUPAP FSU l’avaient signalé dès 2024 (ouais, on avait encore raison #Mouvementdecheveux). Deux ans plus tard donc, la création d’une 4ème PSA est annoncée (et c'est chouette). D’après les besoins repérés lors de la dernière Nuit de la Solidarité, celle-ci devrait s’implanter aux alentours du 14ème arrondissement.
Si le SUPAP FSU se réjouit de l’ouverture de cette 4ème PSA, on prédit qu’il va y avoir quelques défis (genre recruter des gens pour travailler dedans). Ouvrir une PSA c’est bien, l’ouvrir avec des professionnels dedans c’est mieux. Et, spoiler, ça se bouscule pas au portillon pour aller bosser dans les services sociaux du CASVP qui n’ont pas bonne presse notamment auprès des Travailleurs Sociaux. Il est donc urgent d'agir sur les conditions de travail pour rendre les PSA (mais pas que) sexy Again !
Paris Adresse 2 pour des Parisiens AOC
Paris Adresse 2 est aussi au menu (c’est pas totalement une surprise). Pourquoi l'ouverture d'un Paris Adresse 2 ? Parce que les services publics c’est mieux ?
Non ! Parce que le parisien est comme le maroilles, il mérite une Appellation d’Origine Contrôlée (AOC). Les départements autour étant vachement moins bien dotés en transports, services sociaux et autres monuments, y’a plein de pauvres qui habitent derrière le périph’ qui se déguisent en parisiens pour bénéficier de.. Paris ! Problème : la Ville lumière attire trop de monde et sature. Donc : la Ville de Paris est pas contente du travail des Associations qui, selon elle, domicilient n’importe quel banlieusard qui se présente en vélib’ avec un béret, une tradition et un poireau qui dépassent d’un ToteBag. Alors pour plus se faire avoir par ce déguisement diabolique, la Ville veut reprendre la main sur l’évaluation de la « parisienneté », en gérant elle-même le maximum de domiciliations… Et voici donc la création de Paris Adresse 2, pensé pour redonner ses lettres de noblesse au label « Parisien » et lutter contre les stratégies de survie des pauvres banlieusards désaturer les services en renvoyant les "faux" parisiens derrière le périph'!
Au SUPAP FSU, on se réjouit de voir l’essentielle activité de domiciliation gérée directement par la Ville. A condition bien sûr que le CASVP tire les bonnes conclusions de l’expérience Paris Adresse 1 et se donne les moyens de proposer un accueil et des conditions de travail dignes pour les publics et personnels !
Renforcer l’offre en accueils de jours et ESI
Oui, Paris a besoin d’accueils de jours et d’ESI. Mais dis-moi Paris, c’est quoi un ESI ? C’est quoi ses missions ? Non parce que depuis TES réformes, c’est plus très clair : les Espaces Solidarités Insertions gérés par le CASVP tendent à devenir des Espaces Sociaux Indéterminés… Alors avant de renforcer l’offre, il serait urgent de définir le rôle et les missions des ESI pour savoir de quelle offre on parle ! Pour le CASVP, ce travail serait en cours : le SUPAP FSU souhaite qu’il permette de redonner du sens aux missions et à l’engagement des agents des ESI trop longtemps oubliés !
La mise à l’abri : « Indigne » selon la Justice, « un choix moral et éthique » selon la Ville
C’est bien beau de domicilier sur papier, domicilier en vrai (avec un toit pas en carton toussa) c’est mieux.
Et ça (le logement et l’hébergement), Paris le rappelle : c’est la compétence de l’Etat. Mais que comme l’Etat fait pas son taff, Paris grand seigneur va faire un effort et prendre sa part. ça permettra de répondre à « une attente forte des Parisiennes et des Parisiens en matière de qualité de vie et de tranquillité dans l’espace public »…(les tentes c’est moche).
Paris annonce donc l’ouverture d’un (très) grand lieu de mise à l’abri d’urgence modulable de 500 places en gestion associative et un « plan 4.000 places » soit la création de 4.000 places de mise à l’abri… Avec pour objectif principal de résorber les campements sur l’espace public et ne tolérer aucune situation d’enfant à la rue.
Au SUPAP FSU on est gigas sceptiques.
D’abord on rappelle que la Ville de Paris entretient sciemment la confusion en renvoyant l’hébergement à l’Etat qu’elle dénonce comme défaillant, quand elle-même est compétente. La Ville de Paris ne devrait effectivement pas tolérer des enfants à la rue car elle est compétente pour l’hébergement des familles avec enfants :
• Soit à titre principal pour les femmes enceintes et mères isolées avec enfants de moins de 3 ans (l’Etat via le 115 / SIAO n’intervient qu’en cas d’impossibilité du Département à héberger).
• Soit à titre supplétif pour l’ensemble des autres familles avec enfants (le Département n’intervient qu’en cas d’impossibilité de l’Etat à héberger).
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(c'est pas nous qu'on le dit hein!) ➡️ Hébergement d'urgence - Conseil d'État
Ensuite, les mises à l’abri (les SAS en écoles, gymnases…) ne sont pas une solution pour mettre en œuvre les missions de protection de l’enfance : Le Tribunal Administratif a ainsi récemment re-re-rappelé qu’elles ne constituaient ni des solutions pérennes ni des solutions dignes (cafards, rats, promiscuité, exposition des enfants à des relations sexuelles entre adultes si,si…). Alors pourquoi retenir cette solution ?
Rappelons enfin que les mises à l’abri c’est temporaire. Du coup il faut des places (hébergement, logement) pour que les gens en sortent. Et spoiler, des places y’en a pas et re-spoiler, personne ne prévoit d’en créer. 4.000 places sans solution derrière, c’est du Wi-fi sans Internet ! Tu le vois venir le problème ? Non ? Ben Paris non plus parce qu’ils ont une solution miracle : « la refonte du dispositif d’orientation hors Paris ». La Creuse : T’es pas prête !
Heureusement, les intentions sont là grâce à une politique résumée en 2 mots magiques : « Logement d’abord ». Une politique géniale, qui demande cependant 2 choses : des logements (!) et des capacités d’accompagnement (…). Alors oui, la Ville parle aussi de poursuivre son effort (réel) en matière de logement social. Le hic c’est que c'est long, insuffisant au regard de la demande et que la Ville construit surtout du logement social pour les classes moyennes (PLUS) et classes moyennes + (PLS), et trop peu pour les plus précaires où la tension est la plus forte (PLAI). De facto à Paris on est plutôt sur le « Logement Après » …
Y'a du pain sur la SDILE !
Le SUPAP FSU milite depuis des années pour une offre digne et respectueuse des personnes avec ou sans domicile. A ce titre, nous nous réjouissons des annonces de la nouvelle mandature et des moyens supplémentaires annoncés au profit de l’accompagnement et des droits de nos publics. (A condition bien sûr qu’il s’agisse bien de moyens supplémentaires et pas de déshabiller Jean-Baptiste pour habiller Louis).
Ouais mais on veut plus que de la pensée magique. Créer des places de mise à l’abri ne suffit pas s’il n’y a pas de solution derrière. Dire « logement d’abord » ne suffit pas pour créer du logement, tout comme dire « renforcer l’accompagnement social » ne donne pas les moyens de le faire !
Enfin, créer un service ne suffit pas à le faire tourner : l’arrivée d’un 2ème Paris Adresse, d’une 4ème PSA, de places de mise à l’abri… Tout cela appelle à recruter massivement au sein de la SDILE pour donner à cette petite sous-direction les moyens des lourdes ambitions qu’elle porte ; pour donner aux agents qui s’engagent dans les services les moyens de travailler, d’accueillir et d’accompagner dans des conditions dignes et respectueuses de chacun.
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