Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publié par DASES-SUPAP-FSU

PSA, SSP : Des moyens et du sens pour l'action en direction des parisiens en difficulté !

Mesdames, Monsieur,

 

 

Le 25 mars le SUPAP FSU vous interpellait sur l’organisation choisie par le CASVP pour les SSP. Notre organisation syndicale a alors formulé des propositions conjuguant nécessité de respecter des règles sanitaires strictes pour protéger agents et usagers et la nécessaire présence de professionnels pour répondre à la demande de la population parisienne la plus fragile. Ces propositions émanaient du terrain qui vous alertait sur les défauts des choix faits : le confinement aura eu des conséquences, que nous mesurerons une fois la crise passée, tant pour le public que pour vos agents. Et nous les considérons aujourd’hui comme déplorables : une partie de la population accompagnée par les SSP n’aura pas eu accès à cette réorganisation, à l’aide dont elle a besoin. Enfin, nous vous alertions (et vous alertons encore) sur le fait que vos services ne sont pas dimensionnés pour faire face aux conséquences sociales de la crise sanitaire en cours.

Notre précédente interpellation sera restée sans réponse de votre part.

 

Puis, vous avez pris la décision de réunir les 3 PSA sur les 6 sites SSP. Vous avez donc fait le choix de maintenir vos positions et, pire, d’aggraver la situation en restreignant encore le nombre de sites ouverts et, par voie de conséquences, la concentration d’agents et d’usagers sur ces sites. Pour rappel, le SUPAP FSU s’est prononcé pour la réouverture de plus de services pour, entre autres, limiter les trajets et éviter la concentration d’agents et d’usagers sur les mêmes sites. Notons enfin que le public des PSA n’a aujourd’hui pas les mêmes droits que les autres puisque les aides financières ne peuvent toujours pas leur être attribuées faute d’autorisation officielle de votre part !

Nous savons d’ores et déjà que les usagers sont confrontés à des difficultés majeures auxquelles s’ajoute la difficulté à entrer en contact avec le service public censé leur venir en aide : peu de personnels pour répondre aux appels, lignes saturées, contacts téléphoniques possibles à des horaires réduits, éloignement du service pour de nombreux usagers, traitement complexe des aides financières…

Votre décision de regrouper SSP et PSA pose donc question et souligne vos contradictions.

 

 

Le téléphone pleure !

Si les standards téléphoniques des PSA sont redirigés vers les SSP : la capacité des lignes et le nombre de professionnels répondant aux appels sera-t-il, un jour, augmenté en conséquences, ou devons nous nous résoudre à perdre toujours plus d’appels ? Nous attirons votre attention sur le fait que le manque de capacité des services à répondre aux appels génère le non recours et contraint les usagers à des déplacements inutiles.

 

 

Jeu de piste avec les usagers : le non recours organisé !

De la même manière, le changement de lieu d’accueil et d’accompagnement des usagers des PSA ne manquera pas d’engendrer la perte d’une partie du public, parmi lequel le public le plus fragile. Comptez vous que les usagers multiplient leurs déplacements en venant d’abord constater la fermeture soudaine de la PSA pour rejoindre ensuite un SSP ? Par ailleurs, il n’a pu vous échapper qu’en cette période de confinement, nous ne sommes (toujours) pas tous égaux face aux contrôles de police et que ce sont les usagers qui font les « frais » des déplacements que vos réorganisations leur impose !

 

 

Une ré-ré-ré-organisation Pensée Sans les Agents !

Quid de l’allongement des temps de transport pour les personnels, mis devant le fait accompli alors qu’ils s’adaptaient juste à l’organisation de leur service dans le cadre du confinement et ne sont pas favorables à la nouvelle organisation proposée ? Dans notre précédente sollicitation nous vous demandions que les agents puissent intégrer le lieu de travail le plus proche de leur domicile et non celui lié à leur affectation ? Cela sera-t-il enfin pris en compte ? Quid de la ré-ré-organisation de l’accueil des publics des PSA à partir du 11 mai ?

 

 

L’obsession des réorganisations, fermetures et mutualisations contraire à la prévention !

Quid des risques de transmission du virus sur des sites recevant un nombre grandissant d’usagers et professionnels ? Vous aviez  choisi un roulement des professionnels par équipe fixe tous les 15 jours. Nous imaginions que ce système avait pour but de limiter les contacts  entre professionnels tout en s’assurant que les agents présents n’avaient pas, depuis leur dernière mission sur site, développé de symptômes qu’ils pourraient transmettre aux usagers et agents (temps de roulement correspondant au temps d’incubation).Puis, vous prévoyiez de réunir des professionnels qui ne se sont pas côtoyés jusqu’alors. Or, nous constatons que le nombre de professionnels pouvant se rendre sur leurs lieux de travail diminue : il était évident que ce système de roulement ne tiendrait pas dans la durée et que les agents « actifs » seront amenés à être de plus en plus souvent sur site. BINGO ! C’est aujourd’hui le cas ! Les agents vont donc être amenés à se croiser de plus en plus et à être au contact, plus souvent, d’un public plus nombreux : faut-il lire dans vos prises de décisions autre chose qu’un renoncement aux mesures de prévention ? Ces décisions ont elles été prises avec l’aval de la médecine du travail ? Le CHSCT n’a pas été consulté !

 

 

Les cadres, « agents pathogènes »

Les cadres présents en SSP ne bénéficient pas de mesures de prévention suffisantes : ils sont présents sur les sites pour certain quasi quotidiennement et y multiplient les contacts avec les agents et usagers, parfois après des visites à domicile réalisées, faute de moyens, à leurs risques et périls et au mépris des règles élémentaires de prévention. ) Par ailleurs, il apparait dans de nombreux services que ces même cadres qui côtoient tous les professionnels et les usagers passent leurs journées sans masques, sans gants, sans état d’âme ! à eux seuls ils exposent toutes les personnes accédant aux services ! Mais qu’ont donc fait les CSE pour que vous teniez à ce point à les surexposer et les transformer en « agents pathogènes »?

 

 

Hygiène : Vous êtes le maillon faible, au revoir !

Enfin, il apparait que le temps de travail des agents de ménage n’a pas été augmenté et que les moyens matériels  (désinfectant…) donnés à ces professionnels n’ont pas été renforcés : aucune désinfection n’est effectuée dans les services. Il appartient aux professionnels de nettoyer leur poste de travail tous les jours à leur arrivée… à l’aide de ce qu’il reste des commandes de lingettes « spécial entretien informatique » (pas désinfectantes donc) faites il y a 5 ans… Ce nettoyage n’est généralement pas fait, les professionnels n’ayant pas eu l’information (honteuse) selon laquelle la désinfection n’était pas assurée et leur appartenait ! Depuis plusieurs semaines donc, agents et usagers se relaient à des postes (box, bureaux, téléphones…) pour assurer la continuité du service public, en toute confiance : méritez-vous cette confiance ?

 

Le 11 mars déjà, le SUPAP FSU vous interpellait pour vous inviter à redéployer les moyens de communication en moyens de prévention :

« Remballez vos mails, balancez du gel (et des heures supplémentaires de ménage) »

Vos mails larmoyants de remerciements et vos « primes » de 35€ ne garantiront ni la santé des parisiens, ni celle de vos agents.

 

 

Le 11 mai : une organisation désorganisée ?

Le 22 avril 2020,  la direction après brainstorming, COSUI, COPIL et autres instances d’entre-soi décisionnaire a annoncé avoir choisi de maintenir le télétravail… sans dossiers, sans public, sans moyens. Les agents sont invités, après le 11 mai, à continuer à venir se succéder sur les mêmes postes de travail (non entretenus) et les usagers à se casser le nez devant des services fermés et autres lignes téléphoniques saturées avant de venir s’entasser (et s’énerver) dans ceux qui restent ouverts.

Tandis qu’on exige fissa des agents qu’ils prévoient leurs dates de congès d’été, on leur dispense des informations incomplètes sur leurs modalités de reprise… et aucune information sur les conditions de cette reprise :

-          Les locaux seront-ils (enfin) minutieusement désinfectés et quotidiennement ?

-          Des masques en nombre suffisants vont-ils être distribués pour les agents ? pour les usagers ?

-          Des gants, du gel, des lingettes (efficaces) ?

-          Les horaires pourront-ils être aménagés pour permettre aux agents d’éviter la cohue des transports ?

 

 

Pour le SUPAP FSU, pas de télétravail-social !

Le sujet est épineux mais nous mettons les pieds dans le plat ! Le SUPAP FSU a toujours été opposé à la pratique du « télétravail» dans les services sociaux parce qu’elle n’est pas compatible avec les missions du service social, avec les besoins des usagers et ceux des collègues présents dans les services. Si, durant le temps du confinement cette pratique était éventuellement entendable (difficilement contournable), entendons-nous bien elle ne peut ni ne doit être maintenue et généralisée : la crise sanitaire actuelle ne doit pas installer ou légitimer la pratique d’un travail social en mode dégradé !

 

 

Une fois de plus, le SUPAP FSU fait le constat que vos réorganisations se font sans dialogue social, sans concertation avec les représentants du personnel, sans prise en compte surtout des personnes exposées, chargées de mettre en œuvre vos décisions con-finées.

Enfin, nous réiterons notre précédent appel : Vos services ne sont pas de taille à affronter la crise sociale en cours et à venir! Il est urgent de le penser et de recruter !

 

BRAVO !! Mais à l’heure des comptes…..nous saurons vous rappeler les mesures aberrantes prises durant ces semaines !

Commenter cet article