Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par DASES-SUPAP-FSU

Réseau d’Évaluation d’Adultes en Difficulté : Le SUPAP FSU demande des garanties sur la confidentialité des échanges.

Réseau d’Évaluation d’Adultes en Difficulté : Le SUPAP FSU demande des garanties sur la confidentialité des échanges.

Depuis peu, une nouvelle instance d’échange a été mise en place à Paris. Après les CTP, les CEPRAF, les CENOMED, les CPPEF… le RESAD fait son apparition à la demande de l’ARS pour quelques arrondissements parisiens (8, 12, 13, 17, 18 et 20ème arrondissement) et devrait concerner prochainement tout Paris.

Le Réseau d’Évaluation d’Adultes en Difficulté (RESAD) est une commission où se réunissent différents acteurs du champ sanitaire et médico-social afin d’étudier des situations complexes ayant pour objectif d’élaborer des préconisations de travail. Une fois encore, un dispositif est envisagé pour remplacer le simple bon sens et le travail partenarial qui se faisait naturellement lorsque les services médico-sociaux ne manquaient pas tant de moyens humains !

Ce nouveau dispositif s’est mis en place encore une fois sans concertation avec les professionnels de terrain et soulève de nombreuses questions :

  • Les membres de cette commission sont-ils tous soumis au secret professionnel ?
  • Si des intervenants extérieurs sont invités, sont-ils sensibilisés au respect des règles de confidentialité ? Dès lors que deux services connaissant la situation sont présents (exemple un bailleur et un service social), alors il n’y a, de fait plus d’anonymat et transmission d’informations nominatives entre ces deux intervenants.
  • En cas de sollicitation par un intervenant local (non médico-social), quel sera l’interlocuteur chargé de jouer l’intermédiaire pour « filtrer » et faire la retranscription des échanges au demandeur ?
  • L’adhésion et la participation des personnes accompagnées sont-elles systématiquement recherchées ?
  • Quelles modalités pour garantir l’information de l’usager avant et après la commission ?
  • En cas de difficulté sur une situation, a-t-on l’assurance que des services tels que la préfecture ou la police ne seront pas sollicités (et qu’ils ne solliciteront pas eux-mêmes cette commission) ?
  • Cette commission n’a-t-elle pas pour finalité réelle de décharger la psychiatrie de secteur dont les moyens sont constamment en baisse ?
  • Comment concilier la politique de la psychiatrie de secteur (basée sur la demande de la personne) et les préconisations/attentes issues de cette commission ?

 

La systématisation de la saisine de commissions diverses et variées au sein desquels de multiples acteurs échangent des informations, présente des effets pervers. Elle déresponsabilise les principaux acteurs

Ce qui fait défaut, sur le terrain, ce sont des professionnels disponibles, engagés et en lien pour mener ensemble des actions concrètes au bénéfice des personnes accompagnées ! Et non des instances de réflexion où l’on dressera une liste de choses à faire sans réel travail partenarial de terrain (rappelons que la cours des comptes a, il y a plusieurs mois, ainsi épinglé les MAIA).  

Le SUPAP FSU a demandé des réponses précises sur l’ensemble de ces points à la Direction pour permettre aux professionnels de se saisir en connaissance de cause et en confiance de ces commissions.

Commenter cet article