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Publié par DASES-SUPAP-FSU

C’est à la Une d’IntraParis : les Travailleurs Sociaux, SMS et CSE des Espaces de Services Sociaux Polyvalents de Solidarité en Proximité Départementaux Parisiens (ESSPSPDP ou ex SSDP ex SSP pour combien de temps EPS) vont percevoir une prime de 183€ nets mensuelle rétroactive au 1er avril.

Ce n’est pas rien et ceux qui vont la percevoir peuvent s’en réjouir. Tout comme les « oubliés » (et notamment les adjoints administratifs) peuvent être en colère.

Pourtant, au SUPAP FSU, nous ne crierons pas victoire pour les « gagnants ».

 

Bien sûr, nous demanderons la prime (et sa transformation en Complément de Traitement Indemnitaire pris en compte intégralement dans le calcul des retraites) pour tous.

Mais surtout, nous demandons que les méthodes changent. Nos revendications n’ont jamais porté que sur l’indemnitaire (même s’il en a toujours fait partie).

Le problème des salaires, de la reconnaissance des agents et de leurs qualifications n’est pas nouveau dans le Travail Social. Les difficultés à recruter dès l’entrée en formation, si.

 

Au SUPAP FSU, nous alertons depuis des années sur la situation des EPS, dénonçant la dégradation des conditions de travail dans ces services dont le malaise est si profond qu’ils ne cessent de changer de nom, d’organisation, et que les agents s’y renouvellent à un rythme toujours plus effréné.

Nous ne comptons plus les tracts (Polysaturé.e.s), les manifestations, les interpellations des élus… Cette situation, où les employeurs eux-mêmes demandent à l’Etat de financer d’urgence des revalorisations face à un déficit majeur de personnels dans les services : nous l’avons, hélas, vu venir (#IrmaSUPAP).

Nous avons demandé de la reconnaissance, oui, et une revalorisation conséquente des salaires. Mais pas que. Nous dénonçons de longue date un problème de fond : celui de la perte de sens et des dégradations des conditions de travail qui explique aujourd’hui la « crise des vocations », les difficultés à recruter dès l’entrée en formation. Qui explique les postes vacants. Qui exacerbe la souffrance au travail des agents mobilisés pour leurs métiers et les personnes accompagnées :

Ceux qui tiennent quand leurs services craquent, qui reçoivent quand tous les guichets ferment.

Ceux qui sourient dans le box d’entretien et pleurent dans leurs bureaux.

Ceux qui se mobilisent pour soulager la souffrance des autres, dans une institution qui n’hésite pas à  les maltraiter, eux.

 

Ces derniers mois, les SSP semblent jouer au Loto : le 12, le 20, le 18, le 17, le 11, le 14, le centre et le numéro complémentaire, le 15… tous alertent sur leurs difficultés : à qui le tour ? Qui aura la chance de décrocher des ESI en priorité, le recrutement des agents issus du concours ? Il n’y en aura pas pour soulager tout le monde… De fait, l’administration met ses agents en concurrence : les services dotés et ceux qui n’auront rien, les agents primés et ceux qui n’auront rien…. Au SUPAP FSU nous savons que l’isolement affaiblit et que l’union fait la force : l’union de l’ensemble des agents, l’union en intersyndicale de leurs représentants.

 

Alors, loin de nous l’idée de dire que 183€ c’est rien. Mais 183€ c’est loin d’être tout. Cet argent ne soulagera pas la souffrance au travail de nos collègues : il ne fera fonctionner ni la pref’, ni la CPAM, ni le SIAO ou la CAF, il ne remplacera pas les postes vacants, ne comblera pas le déficit et problèmes de recrutement d’Adjoints Administratifs dans les services (le FSL, au hasard !), ne simplifiera aucune des 184 procédures en vigueur, ni ne démultipliera le nombre de missions confiées à des agents en sous effectifs. Pire, nous entendons déjà (comme pour la catégorie A), l’administration répondre aux agents et services qui craquent « oui mais vous avez eu 183€ ».

 

183€ ne rendent pas ces conditions de travail acceptables.

183€ ne susciteront pas de vocations.

183€ ne justifient pas qu’on continue à laisser la situation se dégrader.

Non, 183€ ce n’est pas rien : mais qu’est-ce qu’on demande de faire/d’accepter/de subir pour ce prix-là ?

 

Le SUPAP FSU a rappelé aux élus et directeurs l’urgence à agir à tous les niveaux pour améliorer non seulement les salaires, mais aussi les conditions de travail de l’ensemble des agents en SSDP  SSP SECTIONS CASVP EPS et se mobilise aux côtés des agents :

#MakePolyvalenceSexyAgain

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