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Publié par DASES-SUPAP-FSU

Y’a un truc dans l’air en ce début d’année 2020, non ? Vous le sentez pas ?

Je vous parle pas du coronavirus. Ni du phallus de Griveaux. Quoique.

Quoique si j’étais né avec un (gros) phallus blanc, dans une famille bourgeoise, bien portant, je ne ferai pas partie des « petites connes » qui se sentent concernées et menacées par la pluie des réformes « en marche » de notre cher gouvernement.

Je mènerai ma petite carrière tranquille avec mon salaire de mâle,

J’occuperai deux sièges dans le bus en écartant un max les jambes pour bien m’aérer les couilles,

Je dirais des phrases condescendantes du genre « t’as pas fait de machine ? »

J’aurai le droit au poil.

Et des millions de potes solidaires pour défendre ma position face aux revendications et attaques des « petites connes », « grosses putes » et autres « salopes ».

 

Hélas… Non seulement j’ai pas de phallus, mais en plus je suis assistante sociale.

Du coup, je me tape les machines, la charge mentale, les règles et le salaire de fillette qui va avec.

Ma fiche de paie est simple à lire.

Ligne 1 : Le traitement budgétaire pour rémunérer les tâches « féminines » (les tâches qu’on a pas besoin de bien payer parce qu’elles sont faites naturellement, de bon cœur et demandent peu d’autres compétences que celles, innées, liées aux instincts femelles).

Ligne 2 : Les primes conçues - par les mâles – pour les professions occupées principalement par des femmes (et là encore, pas besoin de viser haut, les salaires féminins n’ayant été pensés que comme « l’argent de poche » complétant le salaires d’époux dont elle ne doivent pas s’affranchir).

Ligne 3 et suivantes : Les mêmes cotisations que les mâles : égalité homme-femme oblige !

Bref. Pas de quoi faire de moi la gestionnaire indifférente à la misère qu’elle côtoie qu’on voudrait que je sois. J’ai vu, je vois, je sais à quelle vitesse une situation peut se dégrader.  Le « pognon de dingue » et ses « profiteurs » qui survivent sous le seuil de pauvreté me font pas rêver.

 

Y’a comme un truc dans l’air et ça fouette. Comme des « boules puantes » dirait Sibeth Ndiaye. Mais elle parlait du phallus de Griveaux. Moi non.

Je parle du projet de société en marche. En marche ou crève. Celui où tu dois bien travailler à l’école de la confiance d’abord, traverser la rue pour trouver du travail ensuite, puis fermer ta gueule et bosser jusqu’à l’âge-mystère pour toucher une misérable retraite à points d’interrogations.

Réformes après réformes, on fragilise toujours plus celles et ceux qui manquent déjà de sécurité sociale. Avec mépris.

Si t’es pas d’accord c’est que t’as pas compris.

Si tu manifestes ton désaccord, t’es au mieux une « petite conne » au pire « radicalisé ».

T’avais qu’à pas choisir un temps partiel, un contrat précaire ou un métier avec un salaire de gonzesse !

T’avais qu’à bien travailler à l’école et fallait peut-être pas divorcer !

Oui, on en est là. Y’a des embouteillages sur Tinder depuis que le Gouvernement a promis des retraites du montant des loyers : vaut mieux être deux si tu veux pouvoir te loger ET manger.

Ta moitié est une pourriture ? Serres les dents, tends l’autre joue : Gardes-là (surtout si elle est née avant 1975) !

Ton mec t’humilie publiquement ? Soit « impériale », passes l’éponge (ou le sopalin) : prie pour qu’il crève vite et que la pension de réversion existe toujours d’ici là.

 

Dans les services sociaux, on les connait les « heureux » retraités avec des pensions à 1000 balles. Ils sont à la pointe de l’écologie, ont renoncé à la viande et ne manquent jamais la sortie des poubelles de Franprix le samedi ! Ils mangent même souvent aux Restos : ils font rêver… et demain, grâce au projet de société « en marche », ils seront plus nombreux que jamais !

Et nombreuses. Parce qu’avec les « choix » qu’elles sont amenées à faire, dans notre belle société égalitaire, les sans-phallus seront en première ligne : l’Homme le plus pauvre est toujours une femme.

Sans phallus is the new Sans-culottes.

ê

¯ A cause de Macron ¯

 

Y’a un truc dans l’air en ce début 2020, et il faut venir le voir ! Des milliers de petites connes sorties de nulle part se rejoignent, scandent, chantent, dansent pour un autre projet de société, et elles font du bien !

En manif, les sans-phallus « Grandes Gagnantes » mènent la danse :

Le dimanche 8 mars, pour la journée sans vaisselle des droits des femmes.

Le mardi 31 mars, contre la réforme des retraites.

Rates pas ça : Rejoins-les !

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