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Publié par DASES-SUPAP-FSU

"Sans se battre, on n'obtient rien", Gandhi, fondateur du SUPAP.

1. Parce que pas de syndicats, pas de droits.

C’est simple, c’est clair : pas de bras, pas de chocolat. C’est pas en grognant sur son siège de bureau que grand-papi a obtenu ce que tu considères comme des acquis. Et la priorité des employeurs n’est pas le bonheur des salariés. Donc il faut des syndicats pour défendre les salariés et leurs droits. Pour qu’ils existent il faut des syndiqués. Pour qu’ils soient forts il faut plus de syndiqués : Syndiques toi !

Si tu cherches un employeur qui privilégie le bien-être et les droits de ses salariés à ses profits, un seul conseil : suit l’étoile du berger. Si tu croises des rois mages, un barbu, une femme voilée très enceinte, un bœuf et un âne, tu es sur le bon chemin. Si tu ne trouves pas mais penses toujours qu’il faut défendre les salariés et leurs droits : Syndiques-toi !

Evidemment, tu peux penser que tu as de bonnes conditions de travail et suffisamment de droits, que tu n’auras jamais par ailleurs besoin d’être défendu à titre individuel. Si tu penses que les acquis sociaux sont acquis, que jamais on ne supprimera de postes ou ne reviendra sur tes droits (congés et récupérations, primes, restauration….) ou qu’il y aura toujours quelqu’un pour se battre pour toi, ne te syndiques pas !

 

« J’ai dit à tout le monde de le faire et personne l’a fait ! », Quelqu’un, un jour.

2. Parce que le syndicat, c’est toi.

Se plaindre de ses conditions de travail en disant « mais que font les syndicats ? », c’est un peu comme être témoin de l’agression de mémé et ne rien faire d’autre que regarder et dire « mais que fait la police ? ».

Non le syndicat n’est pas une puissance obscure, lointaine et omnisciente. Le syndicat c’est juste tes collègues qui ont décidé à un moment de s’impliquer et de donner de leur temps pour défendre les agents/salariés. Ils cotisent au syndicat (ce qui lui permet de vivre et d’exister), donnent un peu de leur temps pour s’informer, informer, défendre et/ou représenter. Mais comme ils sont pas Shiva (et que souvent ils ont le même travail que toi), plus ils sont nombreux , mieux c’est ! Tu penses que les syndicats pourraient mieux faire ? Syndiques-toi !

Évidemment, tu peux penser que ton institution verse chaque année un demi-million de dollars de pot de vin aux syndicats pour que les délégués syndicaux aillent jouer au golf pendant leurs « heures syndicales », que ton patron a peur du syndicat et l’écoute même s’il compte 3 syndiqués et 2 manifestants (0,5 selon la police). Tu peux penser que se syndiquer est inutile car le chef du syndicat a un pré magique où il fait pousser des humanoïdes chargés de représenter les salariés en instances, produire les tracts, réfléchir à des propositions (le pré est situé à deux pas de l’atelier où la marmotte met le chocolat dans le papier d’alu).

Et si tu penses que « les syndicats c’est tous des branleurs pourris », un seul conseil : créée ton propre syndicat ou section syndicale (mais bon dis-toi bien que quoi que tu fasses, même si multiplies les pains et les postes, tu seras toujours critiqué par ceux qui ne se renseignent pas et tiennent des propos globalisants du type « les syndicats c’est tous des branleurs pourris » et autres "les fonctionnaires sont tous payés à rien faire").

 

« Avant, je savais rien. Maintenant, I know everything » John Snow, section MUR du SUPAP FSU.

3. Parce que le syndicat, c’est formateur.

Se syndiquer, ça peut aller de la simple cotisation à la prise de responsabilités syndicales, en passant par la participation ponctuelle à des réunions de syndiqués. Quelle que soit la forme d’engagement choisie, le syndicat c’est toujours une source d’informations précieuses sur ton institution, ce qu’il s’y passe et va s’y passer. Alors, si tu ne veux plus être pris par surprise et pouvoir briller en société : Syndiques-toi !

Evidemment, tu peux penser que ton institution te donnes toutes les informations dont tu as besoin. Qu’elle t’alerte sur les conditions de travail de tes collègues, que tu recevras un mail six mois avant quand elle fera le projet de fermer ton service, d’y diminuer le budget PQ ou de supprimer le poste de ta collègue. Dans ce cas là... te syndiques pas ! 

 

« J’étais assise sur une pierre, des larmes coulaient sur mon visage… Et puis j’ai rencontré le syndicat » Ophélie W, convertie.

4. Parce que le syndicat c’est une forme de supervision.

Marre de te taire quand on t’annonce trois tâches supplémentaires et deux collègues en moins en réunion de service ? Viens dire tout le mal que tu penses en réunion des syndiqués ! Tes collègues d’autres services t’attendent pour s’indigner (et tu verras ça fait un bien fou de voir que tu es loin d’être le seul à l’être), échanger, se conseiller, débattre… Bref, tu as un espace pour échanger sur tes pratiques, ton quotidien au travail, continuer de penser plutôt que decompenser seul dans ton coin. Beaucoup de syndiqués te diront que le syndicat est une arme contre le burn-out : en brisant l’isolement et le morcellement des missions et services, en mettant des mots sur les maux et en construisant des réponses aux dysfonctionnements plutôt qu’en les subissant passivement. Rejoins-les : Syndiques-toi !

Evidemment, tu peux faire une psychothérapie et chercher au plus profond de toi ce qui te pousse à ne pas accepter que ton employeur te traite comme une merde et tes pauvres « usagers » comme des sous-sous-merdes. Tu devrais bien trouver quelqu’un à 20euros le quart d’heure pour t’expliquer que tout s’est joué au stade anal: te syndiques pas !

 

« Avant j’hésitais entre la grève pour l’éthique et celle pour les tickets resto. Maintenant, je manifeste éthiquétiquéresto » Vero, génie du syndisocial.

5. Parce qu’en tant que travailleur social, tu as des valeurs à défendre.

Et quelles qu’elles soient nul doute qu’elles sont attaquées par ton institution. Alors, quelque part au fond de toi, tu sais que sécher la manif pour défendre le travail social au profit d’un rendez-vous avec Madame Jaibesoindevous est totalement contre-productif. Parce que Madame Jaibesoindevous aura besoin demain que tu sois disponible, que tu aies les moyens de la soutenir, ce qui ne risque pas d’arriver si tu restes dans ton bureau les bras croisés pendant que les décideurs, à peine dérangés par tes 3 collègues en grève, vident ton service de moyens et ton travail de son sens. Envie de défendre ce travail que tu aimes et ceux qui ont besoin de gens comme toi ? Syndiques toi !

Evidemment, tu peux penser que les syndicats sont des chieurs qui gueulent pour un oui ou pour un non, que du changement il en faut et que c’est pire au Koweït. Auquel cas t’inquiètes pas : on t’attend, on bouge pas et il sera toujours temps de te syndiquer quand, à défaut que suffisamment de gens l’aient anticipé, ce sera le Koweït !

 

"Avant, j'étais toute seule dans ma tête. Maintenant, on est plusieurs", Séverine

5 bonnes raisons de se syndiquer (ou pas)

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